LES CRAPAUDS ATTAQUENT : LE LIVRE

20 juin 2004

DROITS D'AUTEURS

Bonjour et bienvenue, sur http://attaquecrapaud.canalblog.com/

Ce blog est dérivé du roman LES CRAPAUDS ATTAQUENT, écrit par les élèves de la classe de 5ème  de S.E.G.P.A  et l’U.P.I du collège JEAN ROSTAND de Biarritz.

Ils ont été aidés pour cela par l'écrivain de littérature jeunesse Guy JIMENES et également de leurs professeurs : Christine NASCHOLD, Gracianne PARDON, et Thierry DE LA HERA.

Nous vous rappelons, que la reproduction des textes contenus sur ce blog est formellement interdite.

Bonne visite à vous !

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NAISSANCE DU PROJET

DES AUTEURS EN HERBE !

Le mardi 09 mars 2004, LE MAG DE HUG a suivi pour vous, la première matinée de l'écrivain Guy JIMENES  au collège JEAN ROSTAND de Biarritz, où il travaille avec des jeunes de SEGPA1 et d'U.P.I2, à l'élaboration d'un roman de science-fiction.

Il a répondu aux questions, en toute simplicité. D'autres protagonistes du projet apportent également leur témoignage.

protestsom 

Couverture du livre la protestation évoqué dans l'interview.

Ce roman est disponible aux éditions (Somnambule équivoque, collection Som'ado, 2010.)

Interview de Guy JIMENES :

H L.C : Comment vous est venue l'envie d'écrire ?

G. J : je pense vraiment que c'est la lecture. C'est le fait d'avoir lu des histoires, d'avoir lu des livres, qui m'a donné envie d'écrire.

H.L.C : J'ai lu, avant de vous rencontrer, « LA PROTESTATION », un livre que vous avez écrit, il y a plusieurs  années. Ce roman vous a permis de recevoir le prix du ministère de la jeunesse et des sports. Expliquez-moi en quelques mots, ce que ce prix représente pour vous ?

G. J : c'est un prix que j'ai reçu il y a déjà une douzaine d'années, c'était en 1992. Pour moi ça a été quelque chose de très important, par ce que la caractéristique de ce prix, est qu'il a été remis non pas à des livres mais des manuscrits. J'avais écrit une histoire que j'ai envoyée, sans qu'elle soit éditée, à un concours sur manuscrits ; on ne mettait pas vraiment son nom, on mettait un pseudonyme. Il n'y avait pas du tout de raisons commerciales : est-ce que ça serait bien d'éditer ce livre ou pas ?… On jugeait vraiment un texte. Et donc le jury a jugé cette année, que la protestation était un bon manuscrit. Et ça m'a vraiment beaucoup tou­ché. Et puis, j'ai eu la chance que le manuscrit soit édité l'année d'après. C'est vraiment pour moi un souvenir important, oui c’est une récompense qui m'a fait vraiment très très plaisir, surtout pour un livre qui me tenait beaucoup à cœur, qui me tient toujours à cœur même 10 ans après.

H L.C : Quand je l'ai lu, ce livre m'a beaucoup fait penser au journal d'Anne FRANK. Expli­quez-moi comment est né  ce livre ?

G. J : Ça me touche que tu laies lu en ayant un sentiment de quelque chose de vrai, comme si c'était une espèce de témoignages, comme pouvait l'être le journal d'Anne FRANK. Il n'y a pas du tout dans mon livre cette dimension autobiographique, c'est vraiment un roman, c'est vraiment une fiction. Mais en même temps, il est nourri de choses, qui sont très per­sonnelles. J'ai vécu jusqu'à l'âge de  9 ans en Algérie. J'y suis né, au moment de la guerre d'Algérie. Et je crois, que j'ai été marqué par des ambiances d'insécurité, de peur, de vio­lence.

Dans le village où j'étais, il y avait des enlèvements, il y avait des attentats.

C'est quelque chose, quand on est enfant, qui marque beaucoup. Et l'histoire que j'ai racon­tée dans « LA PROTESTATION », trouve un peu une origine là-dedans. Avec la disparition de ce père. Puis, j'ai mélangé ça aussi avec quelques choses, que j'ai connu beaucoup plus tard : c'était quand j'avais une vingtaine d'années, le moment où au Chili le Général PINOCHET a pris le pouvoir pour instaurer une dictature militaire. Et donc, j'ai un petit peu traité comme ça de la violence, de la non violence. Ce sont des thèmes qui me tiennent à cœur, et par le biais d'un roman, je pense qu'on peut exprimer des fois des émotions, des ressentis puis quelquefois aussi des idées qu'on peut avoir sur tout ça.

H L.C : Vous avez commencé ce matin, un travail d'écriture avec des jeunes de SEGPA et d'U.P.I du collège JEAN ROSTAND. Alors je voulais savoir ce que ça représente pour vous de faire partager votre passion ?

G. J : Eh bien voilà, je crois que c'est exactement ça, c'est faire partager ma passion pour  l'écriture. Je crois que quand on écrit, enfin en tout cas moi, mais je pense que c'est le propre de beaucoup d'écrivains, on est dans son coin, on est seul entre ses quatre murs, on écrit des textes. On a quelquefois la chance qu'ils soient publiés, les livres existent, mais à l'autre bout, qu'est-ce qu’il se passe ? Et donc là, ça me permet de rencontrer à l'autre bout de la chaîne si on peut dire, les lecteurs, et puis d'avoir des réactions par rapport aux textes écrits. Et puis, je trouve que c’est important de sortir un peu de sa tour d'ivoire quand on est écrivain c'est bien aussi d’aller dans la vie réelle et de rencontrer son public, ses lecteurs.

Ce matin, un des premiers gestes que les élèves ont eu dans la classe, c'est de me donner un livre que les jeunes ont écrit l'an dernier, grâce à l'aide de Philippe BARBEAU, un écrivain qui est intervenu comme moi j'interviens cette année. Je trouve que c'est formidable d'avoir abouti à un résultat concret, qui présente bien, qui est agréable, derrière lequel on sent qu'il y a eu beaucoup de travail, et en même temps beaucoup de passion, et de plaisir et c'est le plus important.

H L.C : Donc selon vous le premier contact s'est bien passé ?

G. J : Selon moi oui, mais c'est toujours un peu difficile les débuts, parce que, comment faire naître ?... C'est même assez émouvant d'être au début d'une histoire, qui reste embryon­naire, il y a tellement d'idées différentes qui peuvent même être un peu opposées. Alors on essaie de trouver ensemble comment dégager un début d'histoire. Comment se lancer vrai­ment dans l'écriture concrète, c'est toujours des moments un petit peu délicats et fragiles mais j'ai le sentiment que ça c'est bien passé ce matin, oui.

Jon un élève de la classe U.P.I, explique ce qu'il pense de ce projet d'écriture :

« Je trouve, que ce projet d'écriture c'est bien, parce que, cela nous ouvre des portes vers la littérature. Je pense qu'on fait des progrès au CNED3, quand on m'a des rédactions ou des dictées. Enfin ça ne m’a pas empêché d'avoir un zéro sur dix en dictée, mais je trouve que ça permet de voir la SEGPA, une classe avec qui on fait ensemble un livre et je trouve que c'est bien et qu'on fera ça l'année prochaine. »

Gracianne PARDON, l'une des instigatrices du projet est professeur de français de la classe SEGPA qui participe à l'élaboration du roman de science fiction, explique comment est né ce projet :

« Cela fait maintenant quatre ans que j'enseigne à la SEGPA du collège JEAN ROSTAND.

Lorsque j'y suis arrivé, la collègue que je remplaçais avais reçu dans sa classe, l'année sco­laire précédente, un auteur de littérature de jeunesse, Djhad DARWICHE, avec lequel, les élèves avaient découvert ses propres contes arabes, avaient été initiés à la calligraphie arabe et avait écrit leurs contes.

L'intervention de cet auteur avait été possible grâce à une association biarrote « JEUNES EN LETTRES », qui n'existe malheureusement plus aujourd'hui.

 Ma collègue parlait du projet avec enthousiasme et affirmait que cela avait particulièrement bien fonctionné. J'ai trouvé le principe très attrayant et il m'a semblé que ce serait une bonne idée de poursuivre ce qu'elle avait commencé.

Ainsi, quatre auteurs se sont succédés dans ma classe et dans celle de l’U.P.I (les élèves de l’U.P.I  nous ayant rejoint la deuxième année). Chantal GOLOVINE pour écrire de la poésie, Guillaume GUERAUD pour le fantastique, Philippe BARBEAU pour le policier et cette année, Guy JIMENES pour la science-fiction : quatre types décrits bien distincts.

Mettre en place un projet d'écriture n'est pas franchement simple : il faut particulièrement s'investir dans sa préparation pour que ces effets puissent être notables.

Tout d'abord, faire venir un auteur reconnu et publié son propre livre à un coût ; de plus, il faut aussi acheter toute la bibliographie de l'auteur et un livre par élève. En fait, un tel projet nécessite environ 3000 € !

Pour obtenir une telle somme, à la fin de l'année (pour l'année suivante), il est nécessaire de constituer un projet culturel qui fera partie du projet d'établissement et qui sera soumis à une décision -favorable ou non- qui lui permettra de percevoir des subventions -ou non ! -Par divers « organismes » : l'Education Nationale, le Conseil Général, la DRAC4.

Ce projet annonce les partenaires culturels (en ce qui nous concerne, il est nécessaire de mentionner qu'un libraire de Biarritz nous parraine), donne un descriptif de l'action, les ob­jectifs généraux et spécifiques, les modalités de mise en œuvre et le budget prévisionnel.

Cependant, il faut aussi noter que, sans un travail d'équipe des professeurs sur le terrain, rien n'est possible.

Travailler en projet permet d'accroître la motivation des élèves et de donner un sens à ce qui est demandé et produit. Aussi, un tel projet permet de vivre avec les élèves de merveilleux moments que, ni eux, ni nous (les professeurs), nous n’oublierons.

Entre nous, qui a déjà eu la possibilité de publier un livre dont il a été un des auteurs ? Qui a déjà rencontré des auteurs de littérature de jeunesse dans de telles conditions ? »

Signification des abréviations :

1. SEGPA : Section d’Enseignement Général Professionnel Adapté,

2. U.P.I : Unité Pédagogique d’Intégration,

3. CNED : Centre National d’Enseignements à Distance,

4. DRAC : Direction Régionale des Affaires Culturelles.

 

 

 

 

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PARTENAIRES CULTURELS

Suzy BARDET,

responsable bibliothèque jeunesse de Biarritz,

Francis SALLABERRY,

libraire à Biarritz (librairie Victor Hugo),

le Rectorat de Bordeaux,

le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques,

le Rectorat de Bordeaux,

la DRAC,

la Coopérative de la SEGPA.

 

Un grand merci à tous !

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LES AUTEURS

Les élèves de la classe de 5ème  de S.E.G.P.A  et l’U.P.I

du collège JEAN ROSTAND de Biarritz.

Année scolaire 2003-2004

 

LES CRAPAUDS ATTAQUENT

ou

LES CRAPAUDS ATTAQUENT

 

avec l’aide de Guy JIMENES,

auteur de littérature jeunesse et  de leurs professeurs : Christine NASCHOLD,

Thierry DE LA HERA et

Gracianne PARDON.

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CHAPITRE I : LA FAMILLE MINSTIEN

par Jeanne-Marie, Jean-François et Sophie

 

À Sainte Marie de Gosse, dans la province de Rondelon, en pleine campagne, on trouve une

grande et très vieille bâtisse, cachée au milieu des arbres. C'est la maison des Minstien.

Christine, la maman, a eu un accident de voiture il y a trois ans. Depuis, Tom vit seul avec leurs trois enfants. La mort de sa femme l’a beaucoup attristé et il s'est réfugié dans le tra­vail. Il est astronome et effectue des recherches sur les planètes, les astéroïdes, les étoiles filantes, les comètes… Ses enfants n'en savent pas plus car Tom ne raconte pas grand-chose. Il est même assez mystérieux.

Il passe de longues heures dans son grenier aménagé en bureau. Il possède une bibliothèque remplie de livres scientifiques, un ordinateur, un télescope et d'autres appareils. Seul Touffu, le chien de la maison qui passe son temps à manger et à dormir, à le droit de monter dans le grenier et de tenir compagnie à son maître.

Heureusement, pour aider Tom, Sarah, la fille ainée des Minstien, s’occupe de FrancK et de Lily comme une petite maman. Elle a 17 ans et dans quelques semaines, elle sera majeure. Elle est raisonnable, responsable et sérieuse. Elle aimerait être cuisinière, c'est pour cela qu'elle va au lycée hôtelier. Elle s'occupe de la maison, fait les courses et jardine de longues heures.

Les deux autres enfants vont aussi à l'école : Lily à la maternelle du village et Franck au col­lège de Barmiez, à 12 kilomètres de chez eux. Si Franck est très calme et travaille bien, Lily, elle, se fait souvent reprendre par la maîtresse qui lui reproche d'être très bavarde et a agi­tée.

« Non ! » et « pourquoi ? », Voilà ses mots préférés… 

Lily est très jolie dans ces petites robes. Pourtant, c'est une peste.

Elle saute sur les lits et lance tout ce qui lui tombe sous la main à travers les pièces. Elle frappe son frère, fait du bruit et énerve souvent les membres de la famille. Sa chambre est toujours en bazar et quand sa sœur lui dit de la ranger elle ne le fait pas elle veut sans cesse tout savoir et n’écoute jamais rien.

Sarah et Franck s'entende très bien : ils ont à peu près le même caractère et sont souvent complices. Il pense que Lily est en manque de leur maman et que c’est pour cela qu'elle se comporte ainsi.

Malgré tout, et sans trop d'argent, les Minstien vivent heureux, tous les quatre.

 

 

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CHAPITRE II : LE DEBUT DE LA FIN

par Léonce

Un matin, Tom monte dans son grenier pour continuer ses recherches. Après de longues heures de travail, et de savants calculs par ordinateur, il parvient à se connecter à un satel­lite, et là sur l'écran, il découvre en temps réel ce qu'il craignait.

- Tu vois ce que je vois, mon pauvre chien… Heureusement que tu es là…

- Toi, tu sais tout, et tu ne dis rien !!!…

Tom regarde encore, s'agite. Une nouvelle information le met hors de lui.

Il insère un CD-ROM dans le lecteur et enregistre son travail… Quelques instants après, il éjecte le disque avant de le dissimuler sur son bureau. Il finit par sortir du grenier et dévale l'escalier à toute allure. Il se dirige vers le salon où se trouvent les enfants.

- Ça y est, s'écrie-t-il, j'en étais sûr ! Ils l'ont fait, ils arrivent…

À ce moment-là, il sait fondre sur le plancher et sombre dans une apathie profonde.

Sarah, Franck et Lily, affolé, ce regroupe autour de lui, le secoue mais leur père ne se réveille pas.

-  Aide-moi à le porter, dit Sarah à son frère. On pas l'installer dans sa chambre, sur le lit !

Juste après, Franck essaie d'appeler les pompiers, mais la ligne téléphonique ne fonctionne pas.

Et Lily qui n’arrête pas de pleurer…

Heureusement, Tom respire paisiblement et son pouls est régulier. C’est plutôt rassurant pour les enfants. Leur père a l'air de dormir profondément. Mais quand va-t-il se réveiller ?

Et pourquoi a-t-il eu ce malaise, brusquement ? Et qu'a-t-il voulu dire avant de perdre con­naissance ?

Sarah et Franck n'en finissent pas de se poser des questions. Et voilà Touffu qui se met à geindre, pris de tremblements. Il court dans tous les sens,  se cogne aux portes puis se met à aboyer à la mort.

Franck et ses sœurs le regardent en se demandant ce qui lui arrive.

 - Qu'est-ce qu'il  a ? Il est dingue ? interroge Lily.

- Je ne sais pas, répond Franck, mais il n'a pas l'air d'aller très bien… Il est tout affolé…

- Regarde, reprend Lily, il se cogne encore à la baie  vitrée !…

Au même moment, les enfants ressentent une drôle de sensation… Une forte secousse de quelques secondes puis un grand silence…

 - Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai eu l'impression que je me faisais bousculer ! s'exclame Lily.

- Le sol a bougé ! s’écrie Franck.

- Oui c'est ça, reprend Sarah, toute la maison a bougé… C'était… Un tremblement de terre ! Voilà pourquoi Touffu s’est excité juste avant ! Les animaux  sentent ces choses-là avant nous.

-  J'ai peur, renifle Lily. Et si ça recommençait ?

Les enfants courent vers la fenêtre pour regarder dehors.

- Là, Franck ! Tu vois ce que je vois ?

demande Sarah.

-  C’est incroyable ! répond Franck en détournant un instant les yeux ébloui. Je n'ai ja­mais vu de lumière aussi forte !

Une boule de lumière blanche cernée de jaune et de rouge se forme dans le ciel à une vitesse phénoménale, pareille à un gigantesque nuage de feu.

-  Qu'est-ce que ça peut être ? demande Sarah fascinée.

-  Je n'en sais rien, c'est incroyable… Sortons voir !

 

 

 

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CHAPITRE III : CATASTROPHES

par Pierre, Davy, Anthony et Frantz

Les trois enfants vont sur la terrasse pour mieux observer le phénomène.

- D'où ça vient, Sarah ?

- Je ne sais pas, Franck, mais je n'ai jamais rien vu d'aussi violent. C'est comme une mé­téorite !

- Et si c'était de ça que parlait papa avant de perdre connaissance, quand il a dit : « Ils l'ont fait… Ils arrivent » ? demande Franck.

- Tu as peut-être raison. Allumons la télé pour savoir.

Lily reste immobile, les yeux levés vers le ciel, sans prononcer un mot.

-  Viens, lui dit sa grande sœur.

Quelques secondes plus tard, les trois enfants sont devant la télévision. Sur la chaîne locale, un flash spécial interrompt le programme. Le journaliste parle d'un phénomène naturel très rare et d'une grande intensité au-dessus de Sainte Marie de Gosse. Un scientifique affirme que cela ressemble à une gigantesque météorite qui serait tombée sur la région.

- Je m'en doutais ! s'exclama Sarah. J'avais déjà vu un reportage là-dessus.

Et d'un coup les lumières de la télévision s'éteignent. 

-  Nous voilà dans le noir dit Franck, ça a dû disjoncter…

- Non, je crois que c’est plutôt une coupure de courant dans tout le secteur, lui répond Sarah.

Elle trouve une lampe de poche mais il n'y avait plus de piles.

 - C'est toujours pareil, quand on a besoin de quelque chose, il y a un hic, s’énerve-t-elle. Et si cela n'avait pas été la pile, ç’aurait été l'ampoule !

Elle se met à chercher des bougies. Au bout de quelques minutes, elle trouve un pa­quet. Défaut de fabrication : neuf bougies sur dix n'ont pas de mèche.

- On a frôlé la catastrophe ! S'exclama-t-elle. Il faut maintenant trouver de quoi allu­mer cette bougie. Malheureusement, il n'y a plus de gaz dans le briquet de la cuisi­nière.

- J’en ai marre, plus rien ne fonctionne dans cette fichue maison !

- Calme-toi Sarah, conseil Franck.

- Tu as raison, répond Sarah.

-  Bon, trouvons autre chose.

- Tiens j'y pense, il y a des allumettes dans l'armoire de la salle à manger.

Le noir n'est pas complet. La lumière du ciel entretient une pénombre dans la maison. Mal­gré tout, Franck se cogne le genou contre une étagère en revenant avec la boîte d'allu­mettes.

 -  Aie ! C'est bon, je les aies : allumons la bougie.

La flamme jaillit, d'abord fragile et tremblante, et puis franche et rassurante. Les deux ainés se rendent alors dans la cuisine pour constater les dégâts.

Par la fenêtre, ils découvrent le désastre.

Dehors, la lumière s’est encore intensifiée. On dirait qu'elle se concentre sur un point de  Plus en plus précis du village. Une nouvelle secousse fait trembler la terre. La route se fissure devant la maison…

Les enfants sont terrorisés. Sarah repense aux derniers mots de son père : « ils arrivent… » Elle prend peur et ferme à double tour.

- Allô, allô… fait tout à coup une drôle de voix derrière eux.

Une peur panique s'empare des enfants qui n'osent se retourner.

Une pression familière au mollet de Franck. Il sursaute, mais ce n'est que Touffu qui se frotte contre lui. Soulagé, il caresse l'animal qui se met à articuler :

- Allô, allô Houston… Est-ce que vous m’entendez ?

Touffu parle ! Les enfants abasourdis regardent leur chien et ravalent leur salive, Lily fait les gros yeux à Touffu.

 - C'est pas possible, dit Franck, c'est incroyable ! On nage en plein cauchemar !

Les enfants entendent alors un énorme BOUM.

-  Vous avez entendu ? demande Sarah. Qu'est-ce que c'était ?

-  Je n'en sais rien, réponds Franck.

-  Va voir !

-  Oh non ! Va voir, toi ! Tu es la plus grande !

-  Mais toi, tu es un garçon !

-  Alors on y va tous les deux.

- D'abord, donnons-nous la main.

Lily, qui est restée étonnamment silencieuse jusque-là, s’écrie d'une voix décidée :

- Alors vous venez ?…

Elle est déjà contre la porte d'entrée !

Les deux ainés la rejoignent. Franck réalise alors qu'il ne peut même pas  tourner la poignée : un poteau et un arbre, tombés juste devant,  gênent. La porte ne s'ouvre plus.

 

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CHAPITRE IV : INQUIETUDE

par Frantz, Marie, Élodie, Christelle et Anaïs

- c'était donc ça, le grand bruit ! souris Sarah.

Par la fenêtre, il découvre la route fissurée, les poteaux électriques brisés ou prêts à tomber. La voiture de leur père est toute cabossée et le garage a été démoli par la chute d'un arbre.

Ils essaient de sortir, ils n'y arrivent pas.

Franck va chercher la caisse à outils pour essayer de débloquer les ouvertures. Il y trouve un pied de biche mais, à part casser la poignée, il n'arrive à rien. Toutes les ouvertures sont comme scellées.

Ils réalisent que la maison est entourée d'un grand fossé : rien, ils ne peuvent rien faire… Ils sont comme figés devant ce spectacle effrayant et désolant. Ils décident alors de se réunir dans la chambre de leur père, toujours alité et immobile, pour parler de ces étranges phé­nomènes.

La discussion s'engage : 

-  Franck, qu'est-ce qui nous arrive ? Qu'est-ce qui se passe ? interroge Sarah.

-  Je ne sais pas, mais je sais que nous sommes en danger…

-  Bien sûr, on est en pleine catastrophe oui !

-  Cool ! C'est trop bien ! s'exclama Lily, c'est super d'être en danger !

-  Tais-toi ! Ne dis pas de bêtises ! la reprend Sarah.

-  Waou ! Plus de routes ! Du feu ! Du bruit ! Continue Lily.

- Arrête, je t'en supplie, arrête ! crie Sarah.

Mais Lily continue de plus belle.

- Bon maintenant tu retournes dans ta chambre ! ordonne la grande sœur.

- Tant mieux ! Je m'en fiche, comme ça je vais jouer comme je veux…

-  C’est ça va jouer ! ajoute Sarah très énervée. Tu reviendras quand tu seras calmée.

Lily la regarde, lui fait une grimace et tourne les talons.

Nostalgique, Sarah se lève pour prendre l'album photo de mariage de leurs parents. Elle l'ouvre.

Elle se rappelle tout ce qu'ils ont fait, leur vie heureuse jusqu'à l'accident de leur mère, puis jusqu'à aujourd'hui…

À cet instant, sur la photo, Tom s'anime : il adresse un clin d'oeil et un petit signe de la main à sa fille !

-  Franck… papa… sur la photo… il a bougé…

- Tu as rêvé Sarah !

- Non je t'assure, je l'ai vu… il a bougé…

- Sarah, il faut te reposer…

-  Non je vais bien ! Je te dis que je l'ai vu !

Franck regarde à son tour la photo et voit son père lui adresser un autre signe de la main.

-  Non tu n'as pas rêvé : je l'ai vu aussi !

Franck commence à se sentir vraiment mal. Sarah tente de le calmer en lui préparant une tisane sur leur petite cuisinière à gaz.

- Hé, s'exclama-t-elle en lui apportant la tasse fumante. Tu ne remarques rien ? On di­rait que…

Dehors, la lumière n'a pas disparu mais un calme étrange a fini par s'installer. La terre n'a pas tremblé depuis un long moment déjà.

Franck n’est pas rassuré pour autant. Sans électricité, sans téléphone, les voilà isolés dans leur maison et coupés du monde. Avec leur père inconscient qui bouge sur les pho­tos et un chien qui parle !

- Que va-t-on devenir ? Nous devons réfléchir à tout ça, lance Sarah.

- Je suis sûr que c’est une histoire de fantômes !

- Mais non, Franck les fantômes n'existent pas !

- Et alors c'est quoi ? Des hallucinations ? Nous rêvons ?

- Non, c'est bien la réalité, soupire Sarah, rappelle-toi les dernières phrases de papa… Il se passe bien des choses bizarres…

Tom toujours allongé, ne bouche pas.

Franck et Sarah entendent des bruits de pas, des voix partout autour d’eux. Si seulement leur père se réveillait, il pourrait leur donner des explications.

Impuissants et désespérés, ils ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes.

- Il faut nous ressaisir Sarah, dit Franck.

- Je suis d'accord, répond Sarah, nous devons agir…

 

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CHAPITRE V : LE CRAPAUD DE LILY

par Jeanne Marie, Sophie, Anthony, Daniel, Anaïs, Pierre et Léonce 

- Oh, une nouvelle peluche !

Au milieu de la pièce se tient une sorte de gros crapaud gluant.

Lily referme la porte derrière elle. Elle sort de son armoire une boîte pleine de petites af­faires de poupée. Elle attrape son crapaud, commence à lui mettre une perruque blonde, prend une robe, des chaussures et lui dit :

- Je vais te déguiser, te mettre des affaires et tu as intérêt à les garder sinon j'appelle Touffu !

- Nân, répond la créature verte, pas le droit toâ, moâ appartiens pas à toâ et pas un jouet moâ !

- Tais-toi et obéis ! ordonne Lily.

Alors elles le déguisent.

- Tu es très belle comme ça ! s'exclame-t-elle quand elle a fini.

Le crapaud s'enfuit. Elle réussit à le rattraper, et d'un coup violent le balance contre la commode. Comme il ne bouge plus, Lily s'inquiète :

- Hé, oh ! Debout, réveille-toi petit crapaud, il faut te réveiller…

Son « jouet » ouvre un œil, puis l'autre et reprend ses esprits.

- Allez viens, tu vas jouer avec moi ! ordonne Lily.

- Nân ! lui répond l'autre.

- Tu n'as pas le choix mon bonhomme ! Tu vas courir un peu, faire des pas chassés à droite et à gauche puis des abdos pendant vingt minutes, ensuite on boira du café très fort. Aller au travail !

Mais la créature est incapable de bouger après sa série de pompes et s'écroule.

- Debout, crapaud ! le gronde Lily, si tu ne te lèves pas, tu n’auras pas à manger !

Il reste par terre mort de fatigue.

- Tu n’es qu'un gros nul, tu ne sais pas faire du sport…

Elle lui donne un grand coup sur le derrière. Il va s'écraser contre le mur. Comme il n'a pas l'air décidé à jouer avec elle, Lily, très fâchée, l'enferme dans un tiroir de sa commode.

- Reste-là le temps de te calmer, vilain !

Quelques minutes après, ayant trop envie de jouer avec lui, elle le libère.

- Et maintenant, tu vas ranger ma chambre ! Tu vas ranger les jouets sur mes étagères, les peluches sur mon lit, puis mes manteaux sur les cintres et les tee-shirts et panta­lons dans la commode… Voilà, dépêche-toi, chaque chose à sa place !

À toute allure, la créature se met au travail, ce dépêche d'exécuter ces ordres de peur que la fillette lui fasse subir autre chose encore. 

- Bon maintenant, on va danser. Tu vas voir, la salsa c'est super !

Lily mais un disque de Santana et le petit bonhomme danse comme il peut, « à la crapaud ».

Au bout de deux chansons, elle en a marre d'écouter le même style de musique et décide de mettre du rap. Le bonhomme vert ne veut pas danser sur NTM. Elle s'énerve, donne un coup de pieds puis elle attrape et le secoue dans tous les sens.

Contraint et forcé, il finit par danser du rap.

 -  Je vais reprendre la trousse à maquillage et te refaire une beauté !

-  Nân laisse-moâ, suffit toâ ! hurla le petit bonhomme vert. Veux partir moâ ! Moâ en mission, dois retrouver vaisseau de moâ…

 


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CHAPITRE VI : LA CLEF DU MYSTERE ?

par Julien, Andoni et Jon

-  Sarah, si on montait au grenier ?

-  Dans le bureau de papa ? Quelle idée !

- Je suis certain qu'il savait quelque chose, il avait prévu ce qui est arrivé. Rappelle-toi, Sa­rah, ce qu'il a dit avant de tomber dans la salle à manger. Peut-être trouverons-nous une explication…

- Et si Papa se réveille ?

-  Alors tant mieux ! Il pourra nous aider ! On se sentira moins seul…

- Mais tu sais bien qu'il nous interdit d'entrée dans son bureau.

- Vu ce qui se passe, il ne nous dira rien…

Sarah finit par se laisser convaincre :

-  D'accord, je viens avec toi. Dépêchons nous, tant que Lily joue et que Touffu dort !

Ils montent au grenier, domaine réservé du père, ouvrent la porte du bureau et entrent dans la grande pièce.

Ils fouillent et trouvent la batterie de secours qui leur permet de brancher l'ordinateur et tous les appareils. Ils glissent dans la radio une cassette, l'écoutent mais elle ne leur donne aucune information, c'est simplement de la musique. Ils ouvrent tous les classeurs, les tiroirs et découvrent une disquette qu'ils insèrent dans l'ordinateur.

Ce sont des photos prises et enregistrées par leur père. Elles montrent le ciel, des planètes, et des étoiles. Cela ne les avance pas…

Ils continuent à chercher dans les tiroirs : des CD-ROM et des disquettes s'y entassent. Sarah en fait tomber une que Franck s'empresse de ramasser.

En se relevant, il aperçoit un CD-ROM scotché sous le plateau du bureau. Il le décroche.

- je crois que nous avons trouvé ce que nous cherchions ! Peut-être la clef du mystère !

 Sur le CD, pas d'étiquettes, aucune inscription. Franck introduit le disque dans le lecteur, rien ne se passe. Il s'énerve et tape sur l'écran qui grésille.

Il comprend alors que son père a relié l'unité centrale au décodeur de l'antenne parabolique.

Le disque durtournant à plein régime, l'écran commence à fournir des séries de nombres comme une sorte de décodage.

Franck attend quelques secondes. Ça y est ! Sur l'écran viennent d'apparaître deux petites bestioles vertes. De très petites tailles, leur corps est rond et lisse comme de la pâte à mo­deler humide.

Leur peau a une belle couleur vert gazon. Leur tête ressemble à celle d'une grenouille. Si ce n'est trois yeux rouges globuleux et une petite paire d'antennes au niveau des oreilles. Leurs mains sont terminées par quatre doigts longs et fins.

On ne distingue pas le bas de leur corps dissimulé par la console de contrôle. Quel joli fond de scène, c'est sans doute un vaisseau spatial où évoluent ces deux marionnettes gesticu­lantes.

« Drôle de film… » se dit Franck. Le langage des créatures est incompréhensible. Elles le dé­bitent de leurs voix mécaniques retranscrites en signes fléchés :

Recentre le rayon de tlportation sur la maison des Minstien.

Franck ne saisit pas pourquoi son père à dissimulé un tel navet sous son bureau il doit bien y avoir une raison…

Sur le bas de l'écran s'inscrit simultanément la traduction en français et le garçon comprend enfin la vérité, lorsque l'un des extraterrestres ordonne à son technicien :

- Recentre le rayon de téléportation sur la maison des Minstien.

 

 

 

 

 

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